Christophe CHEVALIER
Les imaginaires
Famille, amis, proches : de simples portraits, en apparence.
J’aime imaginer que chacun d’eux laisse affleurer une part de vérité. Une vérité possible du modèle, une vérité probable du photographe, une vérité fragile du moment partagé.
Photographier un visage, c’est entrer dans un espace de confiance réciproque. Un lieu parfois inconfortable, où l’un accepte d’être regardé, tandis que l’autre cherche, cadre, interprète. Pour ma part, de cet inconfort nait un plaisir profond : celui de pénétrer dans cette arène intime que Roland Barthes décrit si justement dans La Chambre claire, lorsqu’il évoque la photo-portrait comme un champ clos de forces, où se croisent ce que l’on croit être, ce que l’on voudrait donner à voir, ce que le photographe perçoit, et ce qu’il choisit d’en révéler.
Ces portraits sont peut-être nés là : dans cet entre-deux sensible, entre abandon, représentation et apparition.
